Le Maroc et le Thé : Une Histoire d’Amour
Mar 18, 2025
Temps de lecture : environ 12 minutes
L’histoire du thé au Maroc est celle d’une rencontre entre les peuples, les routes commerciales et les traditions familiales. Une histoire faite de voyages, de transmission et d’hospitalité.

Sommaire de l'article
- Aux origines du thé au Maroc
- Les routes commerciales du thé
- Essaouira et l’ouverture maritime
- Salé et la mémoire familiale
- Figuig et l’hospitalité du désert
- L’âme du thé à la menthe
- Un héritage vivant
Aux Origines : Une Rencontre Lointaine et Précieuse
Il était une fois, bien avant que les navires ne sillonnent les océans et que les caravanes ne gravent leurs empreintes dans le sable du désert, une feuille frémissant sous la brise des montagnes du Yunnan. Modeste, presque anonyme, elle ignorait encore qu’un jour, elle deviendrait le cœur battant d’une tradition séculaire.
Au IXe siècle, portée par les routes de la soie et le souffle des échanges entre les civilisations, cette précieuse feuille fait son entrée au Maroc. D’abord rare, elle se verse en infusions feutrées, réservée aux palais raffinés des sultans et aux lettrés en quête d’élixirs mystérieux.
Mais le thé est un voyageur dans l’âme. Il traverse les siècles, franchit les seuils des demeures, s’invite dans les souks vibrants et les foyers modestes. Il n’est plus seulement un luxe, il devient une habitude, un rituel. Bientôt, il ne suffit plus de le boire : il faut le célébrer, l’honorer, lui donner une âme.
Repère historique Mintéalogie
Au IXᵉ siècle, les échanges entre l’Orient, l’Andalousie et l’Afrique du Nord favorisent la circulation des plantes et des pratiques d’infusion. Le thé devient progressivement un élément culturel.
D’abord rare, il est réservé aux élites. Mais le thé est un voyageur. Il quitte les palais et rejoint les maisons, les souks et les familles.
Il devient un rituel.

Quand les Navigateurs Découvrent le Thé du Maroc
Au XVe siècle, alors que le Maroc regarde vers l’Andalousie et l’Orient, un vent nouveau souffle depuis l’Atlantique. Les Portugais débarquent à Tanger, Mazagan, Mogador. Ils y trouvent un peuple déjà amoureux du thé, dont l’arôme s’échappe des tasses d’argile et parfume les patios ombragés.
Ironie du destin, c’est une princesse portugaise, Catherine de Bragance, qui, en épousant le roi d’Angleterre, introduit le thé à la cour britannique. L’Europe, fascinée, découvre cette boisson exquise que le Maroc savoure depuis des siècles.
Essaouira : La Romance du Thé et du Vent
Au XVIIIe siècle, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah rêve d’un port qui ouvrirait son royaume au monde. Essaouira, Mogador la belle, devient cette porte d’entrée où se croisent les voix du monde. Dans cette ville où le vent sculpte les vagues et où les remparts chantent sous la lumière dorée du couchant, le thé trouve une terre d’expression.
Sur ses quais, les caisses de thé en provenance de Chine côtoient les épices dorées, les soieries chatoyantes et les ivoires venus d’ailleurs. Ici, on le boit lentement, face à l’Atlantique, en laissant le temps s’étirer comme un rêve au bord de l’eau.
Le Thé à la Menthe d’Essaouira, c’est un poème en liberté, une infusion d’air salé et de brises marines. Il se boit sans hâte, entre artistes et poètes, dans cette ville qui appartient autant aux voyageurs qu’aux âmes éprises d’infini.
Essaouira, ville du thé et des artistes
Dans cette ville tournée vers l’Atlantique, le thé devient un moment suspendu. On le boit face à l’océan, en laissant le temps ralentir.

Salé : La Mémoire d’un Thé Hérité
Mais s’il est un lieu où le thé prend racine dans les cœurs avant même d’embaumer les verres, c’est Salé, ville aux mille histoires, où la mer rencontre la mémoire des ancêtres. C’est ici, sur cette terre natale, que le rituel du thé est un héritage, un geste appris enfant auprès des mères et des grands-mères, un murmure transmis à chaque génération.
Dans les ruelles de la médina, sous les ombres des riads paisibles, Mouima, avec ses gestes pleins de douceur et de maîtrise, préparait toujours deux thés : un thé sucré pour les palais sucrés que nous étions enfants, et un thé sans sucre pour Abu Sidi, dont le diabète imposait cette délicate attention. Deux infusions, deux équilibres, mais un même amour du partage.
Aujourd’hui, la Maison NANA1807 perpétue cette philosophie : si elle ne sucre jamais ses thés, c’est pour laisser à chacun la liberté de retrouver son propre équilibre. Un choix de pureté, une invitation à savourer le thé dans toute son authenticité, avec ou sans douceur ajoutée, mais toujours avec le même respect du goût et des traditions.
À Salé, le thé n’est pas une simple boisson. Il est le cœur des retrouvailles, le témoin des grandes décisions, l’écho des rires et des silences partagés. Il est le lien invisible entre les générations, la douceur qui réconforte et le souffle chaud qui accueille.
Mémoire familiale Maison NANA1807
Mouima préparait toujours deux thés : un thé sucré pour les enfants, et un thé sans sucre pour Abu Sidi.
Deux équilibres, un même amour du partage.
Aujourd’hui, Maison NANA1807 perpétue cette philosophie en laissant chacun ajuster l’équilibre selon son goût.

Figuig : L’Oasis du Thé et de l’Amitié
À l’autre bout du Maroc, là où le désert semble toucher le ciel, Figuig veille comme un joyau oublié. Oasis d’eau et de lumière, elle est le refuge des dattiers et des poètes, le dernier salut avant l’infini des dunes.
Dans cette ville où le temps s’étire sous le chant du vent, le thé est une offrande sacrée. Il rafraîchit les âmes fatiguées par le voyage, il accompagne les veillées où l’on raconte des histoires vieilles comme le monde.
Omar, frère de cœur et d’horizon, y sert le thé avec la générosité de ceux qui savent que partager, c’est offrir une part de soi. Son verre fume sous la lueur des étoiles, et chaque gorgée est un hommage à l’amitié, à la terre qui nourrit et au silence qui apaise.
Le thé comme geste d’amitié
Servir le thé dans les régions sahariennes symbolise la générosité et le respect.

Le Thé à la Menthe : L’Âme du Maroc
Il n’est pas un foyer, une place de médina ou un campement nomade où le Thé à la Menthe ne coule pas en ruisseaux d’or liquide. Plus qu’un breuvage, il est un symbole : de bienvenue, d’amitié, de paix.
Voyageur égaré, il t’accueille sous la tente berbère et rafraîchit ton âme sous le soleil brûlant du désert. Ami de passage, il scelle les retrouvailles et réchauffe les cœurs. Il est à la fois humble et noble, populaire et sacré, quotidien et éternel.
Le rituel se transmet de père en fils, de mère en fille. La théière brille sous la lumière tamisée, l’eau frémit doucement, la menthe bruisse sous les doigts. Puis vient ce geste ancestral : verser de haut, laisser l’air s’infiltrer, exalter les arômes.
C’est une poésie en mouvement, une alchimie où chaque élément a sa place. Le temps ralentit, les conversations s’adoucissent, le monde se suspend autour d’un verre fumant.
Le geste du versement
Verser le thé de haut permet d’aérer l’infusion et de créer la mousse caractéristique du thé marocain.

Un Héritage Toujours Vivant
Aujourd’hui encore, le Maroc importe près de 25 % de la production mondiale de thé vert chinois. Mais au-delà des chiffres, c’est une mémoire vivante qui se perpétue.
Le thé continue de raconter son histoire dans les ruelles animées de Salé, sous les brises d’Essaouira et à l’ombre des palmiers de Figuig. Il voyage, il évolue, il se réinvente.
Et si le Thé pouvait parler ?
Il dirait les chevauchées des caravanes, les sillages des navires, les éclats de rire d’une grand-mère à Salé, les soupirs du vent sur les remparts d’Essaouira, le silence apaisé d’un soir étoilé à Figuig.
Et il chuchoterait aussi son nouveau chapitre, écrit avec passion dans les ateliers de la Maison NANA1807.
Car ici, dans le cœur du Berry, sur ces terres gourmandes et généreuses, l’héritage du thé marocain se poursuit.
Aujourd’hui encore, le thé reste un symbole d’hospitalité au Maroc.
Chez Maison NANA1807, cette tradition continue dans une approche contemporaine respectueuse de cet héritage.
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Conclusion
Le thé à la menthe marocain est une mémoire vivante. Il raconte les routes commerciales, les traditions familiales et l’art de recevoir.
Maison NANA1807 poursuit cette transmission entre héritage et création.
Article rédigé par Maison NANA1807, Maison du Thé à la Menthe BIO, engagée dans la transmission de la culture du thé marocain (Atāy) et créatrice de la Mintéalogie®, la science et l’art du thé à la menthe.
